Et si nous reconnaissions le fait qu’il nous arrive d’être “people pleaser” ?
Cher lecteur, chère lectrice,
Avez-vous déjà dit “oui” alors que tout en vous criait “non” ? Vous êtes-vous retrouvé à rire à une blague qui ne vous faisait pas rire ou à rendre service alors que votre emploi du temps débordait déjà ? Si oui, bienvenue dans le club (très vaste) des “people pleasers”. Mais que se cache-t-il derrière ce besoin d’être apprécié ? Et surtout, que se passe-t-il en nous lorsque nous laissons ce trait prendre le dessus ?
Qu’est-ce qu’un “people pleaser” ?
Un “people pleaser” est une personne qui cherche, parfois inconsciemment, à faire plaisir aux autres, souvent au détriment de ses propres besoins. Ce comportement peut s’exprimer dans des gestes anodins, comme accepter un rendez-vous qui nous dérange, ou dans des schémas plus ancrés, où l’on se sent incapable de poser des limites.
Mais attention, ce trait n’est pas qu’un défaut. Il reflète aussi une sensibilité à l’autre, une envie de créer du lien et d’apaiser les relations. Cependant, lorsque cette tendance devient systématique, elle peut nous éloigner de nous-mêmes.
Pourquoi cherchons-nous à plaire ?
Ce besoin peut remonter à l’enfance, là où nos comportements étaient souvent “validés” ou “invalidés” par les figures d’autorité. Si vous avez grandi dans un environnement où l’amour semblait conditionnel – accordé uniquement lorsque vous étiez “sage”, performant ou serviable – il est probable que cette quête d’approbation soit devenue un mécanisme de survie émotionnelle.
À l’âge adulte, ce schéma peut se transformer en peur du rejet, crainte du conflit ou simple habitude de mettre l’autre avant soi. Mais derrière le sourire et les services rendus, il y a souvent une fatigue profonde, une sensation de vide, voire un ressentiment que l’on ose à peine s’avouer.
Reconnaître et accepter son comportement
Plutôt que de culpabiliser, commençons par reconnaître ce trait chez nous. Dire “je suis parfois un people pleaser” n’est pas une condamnation, mais une prise de conscience. Cela nous invite à explorer nos motivations : Pourquoi ai-je dit oui ? Qu’espérais-je en retour ? Et surtout, comment me suis-je senti(e) ensuite ?
Poser ces questions peut déjà amorcer un changement. Car derrière le “oui” qui fait plaisir à l’autre, il y a parfois un “non” que l’on n’ose pas dire à soi-même.
Apprendre à poser des limites
Dire “non” n’est pas une agression, c’est une affirmation de soi. Voici quelques pistes pour y arriver :
- Prenez le temps de répondre : Lorsque quelqu’un vous demande quelque chose, respirez avant de répondre. “Je vais y réfléchir” peut être une excellente alternative à un “oui” précipité.
- Soyez honnête avec bienveillance : Dire non peut être difficile, mais vous pouvez le faire avec douceur. Par exemple : “Je ne peux pas t’aider cette fois, mais je suis sûr(e) que tu trouveras une solution.”
- Écoutez vos besoins : Avant de répondre à une demande, demandez-vous : “Qu’est-ce que je ressens là, tout de suite ? Est-ce que ça me convient vraiment ?”
- Pratiquez l’autocompassion : Rappelez-vous que prendre soin de vous n’est pas égoïste. C’est un acte nécessaire pour pouvoir être réellement présent(e) pour les autres.
Et si plaire devenait un choix, et non une obligation ?
Reconnaître sa tendance à vouloir plaire, c’est déjà faire un pas vers soi-même. Cela ne veut pas dire renoncer à la gentillesse ou au plaisir de donner, mais plutôt apprendre à le faire avec conscience et équilibre.
Alors la prochaine fois que vous êtes sur le point de dire “oui” alors que vous pensez “non”, posez-vous une question simple : “Suis-je fidèle à moi-même dans ce choix ?” Vous pourriez être surpris(e) de la réponse.
Et vous, avez-vous déjà senti que vous disiez “oui” un peu trop souvent ? Qu’est-ce qui vous aiderait à rééquilibrer cette tendance ? Partagez vos réflexions, car parfois, reconnaître nos schémas ensemble permet de mieux les dépasser.
Votre Dévouée
Stephanie